Pourquoi votre testostérone chute-t-elle ? Les causes médicales et de mode de vie

Âge, obésité, stress, médicaments, conditions médicales : les causes du déficit en testostérone sont multiples et souvent cumulées. Comprendre ces mécanismes est la première étape pour agir.

Dernière mise à jour :
2/3/2026

Le vieillissement naturel : nécessaire mais insuffisant

Avec l'âge, plusieurs mécanismes réduisent la production : diminution du nombre de cellules de Leydig, réduction de leur sensibilité à la LH, augmentation de la SHBG, baisse de la fonction hypothalamo-hypophysaire. Cependant, beaucoup d'hommes de 70 ans maintiennent des niveaux normaux, tandis que certains de 40 ans sont déjà en déficit. Le mode de vie joue un rôle décisif.

Les facteurs de mode de vie

Obésité et graisse abdominale

Le tissu adipeux contient de l'aromatase, une enzyme qui convertit la testostérone en œstradiol (un œstrogène). Plus la graisse viscérale est importante, moins la testostérone active est disponible. Un IMC supérieur à 30 multiplie par deux le risque de déficit.

Mauvaise alimentation

Excès de sucres raffinés (pics d'insuline inhibants), graisses trans, alcool excessif (notamment la bière, riche en phytoœstrogènes), carences en zinc, vitamine D et magnésium.

Stress chronique

Le cortisol et la testostérone sont en relation inversement proportionnelle. Le stress chronique — professionnel, financier, relationnel — maintient le cortisol élevé en permanence et supprime la production de testostérone.

Alcool et drogues

L'alcool, les opioïdes (même prescrits) et toutes les drogues peuvent favoriser un déficit en testostérone.

Les causes médicales

Diabète de type 2 et résistance à l'insuline

50% des hommes diabétiques ont un déficit en testostérone. La relation est bidirectionnelle : le bas testostérone aggrave la résistance à l'insuline, qui elle-même aggrave le déficit hormonal.

Problèmes testiculaires

  • Traumatismes testiculaires
  • Infections (orchite)
  • Varicocèle (varices testiculaires)
  • Antécédent de cancer du testicule ou de torsion testiculaire

Problèmes hypophysaires ou hypothalamiques

  • Adénomes hypophysaires (tumeurs bénignes)
  • Traumatismes crâniens
  • Radiothérapies cérébrales
  • Accidents vasculaires cérébraux (AVC)
  • Maladies infiltratives (sarcoïdose, hémochromatose)

Syndrome de Klinefelter

Condition génétique (chromosomes XXY au lieu de XY) affectant 1 homme sur 500 à 1 000. Production réduite de testostérone dès l'adolescence, souvent non diagnostiquée.

Les médicaments en cause

Plusieurs médicaments pris chroniquement peuvent réduire significativement la testostérone :

  • Opioïdes (morphine, tramadol, codéine) : réduction de 50% ou plus de la testostérone, même à doses thérapeutiques
  • Corticostéroïdes à long terme (prednisone, cortisone) : usage prolongé particulièrement problématique
  • Certains antidépresseurs (ISRS), antipsychotiques et benzodiazépines (anxiolytiques)
  • Antihypertenseurs : bêta-bloquants, spironolactone, certains diurétiques
  • Finastéride (utilisé contre la calvitie ou l'hypertrophie prostatique)
  • Hormonothérapie anti-androgène prescrite dans le cadre du cancer de la prostate

Ne jamais arrêter un traitement sans avis médical. Si vous pensez qu'un médicament affecte votre testostérone, discutez-en avec votre médecin pour envisager des alternatives thérapeutiques.

SOURCES SCIENTIFIQUES

• Grober, E. D. et al. Canadian Urological Association guideline on testosterone deficiency in men. CUAJ, 2021. DOI: 10.5489/CUAJ.7252

• Minhas, S. et al. EAU guidelines on male sexual and reproductive health. European Urology, 2021.

• Durma, A. D. et al. Male hypogonadism - practical guidelines. Military Physician, 2023.

Equipe AndroAct